« Mon nom est Renelle et, si je suis grosse, c’est parce que je n’ai jamais aimé donner ma part aux autres. »

 

La Fagne est un pays maudit, un pays d’eaux mortes. Deux fois maudit, par la faute des alchimistes qui ont déversé des siècles durant, dans ses rivières et ses marais, les produits de leurs expériences ; par la faute du magicien Vorpil et de son terrible maléfice : lorsqu’en Fagne du Nord, tout ou presque est soumis à un sortilège de grandissement, en Fagne du Sud, c’est un rétrécissement qui frappe choses, bêtes et gens. Dans un paysage aussi lugubre, au milieu d’un grouillement de monstruosités, on peut croiser des traîne-vase à la recherche d’un trésor, une sorcière obèse, ou de jolies damoiselles frappées de la maladie des eaux souillées…

 

C’est toujours un plaisir que de voir la Fantasy se souvenir de ses origines, pas seulement des légendes héroïques, mais aussi de ces contes paysans de la veillée d’hiver, lorsqu’on échange des histoires à faire peur, un peu coquines tout de même, avec un sourire en coin pour dénouer l’angoisse. Le talent de conteur de Brice Tarvel, porté par une langue aux accents rabelaisiens, se révèle là tout entier.