Éda et Théo avaient tout pour être heureux. Des gamins comme les autres, qui jouaient à se faire peur en se racontant des histoires au pied du grand châtaignier. Un jour pourtant, Éda disparaît sans laisser de traces. Et tout le monde oublia l’arbre, Éda et ses rêves étranges. Tous, sauf Théo… Commence alors pour lui l’expérience du doute, l’adolescence puis l’âge adulte.

Mais de l’autre côté des mondes, prisonnière de la cellule 222 du Centre de tests génétiques de l’Empire, Éda vit encore et lutte, chaque matin, pour un fol espoir : retrouver Théo et lui confier sa dernière histoire, celle de sa survie…

Salomé Vienne nous entraîne aux confins des mondes, là où l’impossible et le merveilleux se rencontrent pour forger un récit hypnotique. 

« Tu dis que l’ivresse du parcours, c’est justement d’oublier qu’on est en train de mourir. Comment ? (…) Est-ce qu’il y aura encore un matin après ça ?  Ce soir je fais l’impasse de ta peau sur la mienne (et je peine). » 

 

LES CHRONIQUES :

Coup de cœur de l’année pour Hélène Ptitelfe :  la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=NhK2hBNNOf8

Bravo à Salomé Vienne pour ce roman qui est parfait à mes yeux et que je relirai avec un immense plaisir, et que je parsèmerai de post-it pour surligner les passages les plus percutants, les plus poétiques et les plus philosophes.

Le matin en avait décidé autrement est un roman d’ambiance, un roman qui vous capture et vous emmêne loin, grâce à une ecriture onirique, poétique, soignée. Entre rêve et dystopie, entre enfance et âge adulte, entre imagination et réalité, le lecteur décolle complètement et c’est avec une grande conviction que je vous recommande ce roman!

 

Coup de cœur pour Livrement votre :

« Belle, poétique, pleine de douceur, l’écriture de Salomé Vienne m’a complètement hypnotisée. Elle a quelque chose de très musical d’ailleurs, et enfile des perles de mots que l’on se plaît à chuchoter parce qu’ils résonnent en nous. Il y a derrière ce roman un très beau travail, aussi bien sur le plan du style que celui de la construction. Le matin en avait décidé autrement est ainsi un puzzle, un concentré d’imaginaire qui se joue du temps, des points de vue et des réalités. Il suffit d’un peu de lâcher prise pour laisser la magie opérer et se faire emporter par deux gamins très touchants dans un tourbillon de sourires, de larmes et de rêves en suspens.  »

« En bref, ce roman est bourré de qualités et il saura vous émerveiller, vous questionner et surtout, il saura sans conteste vous marquer ! »  L’Eden des rêves

 

La biblio de Koko :

L’écriture de ce livre est magnifique et je dois dire que c’est rare que le style soit aussi soigné pour un roman jeunesse donc. Il faut le faire remarquer, le souligner, le surligner. Ce roman est un plaisir des yeux, pour sa couverture. Pour son écriture (et son histoire aussi, mais nous y reviendrons).

 

Interview dans le Quotidien des jeunes :

Salomé Vienne en avait décidé autrement

salomevienne

Salomé Vienne a 26 ans. Cette grande rêveuse vient de publier son premier roman, « Le matin en avait décidé autrement » dans une maison d’édition métropolitaine, Mnemos. Un exemple de talent et de persévérance.

Comment est né ton roman « Le matin en avait décidé autrement » ?

Ado, j’écrivais beaucoup de nouvelles, énormément de poèmes et je tenais un « journal » (je n’aime pas ce mot…) J’y racontais ma vie, je rédigeais des essais de dialogues, des débuts et des fins d’histoires. Mais ce n’était que des fragments. C’est à l’âge de 15 ans que j’ai réussi à terminer ma première nouvelle. J’étais super fière d’être allée au bout de quelque chose ! Dans mes histoires, il y avait ces 2 ou 3 personnages qui revenaient sans cesse. J’en rêvais même la nuit. J’ai décidé d’en faire quelque chose et commencé à écrire le roman juste avant ma rentrée en master de lettres modernes. J’avais 3 mois de vacances donc je me suis dit : « Essaye, mais maintenant ! Sinon, tu vas le regretter… »

Tu as mis combien de temps à l’écrire ?

Trois mois, pendant ces vacances de 2013. Je me levais à 7 h et je travaillais jusqu’à 23 h. Bien sûr, l’inspiration ne venait pas toujours, ou bien pendant mes insomnies, dans mes rêves, etc. Au début, je me demandais si ça plairait à mes parents et à mes amis. Quand je me suis demandée ce que moi, j’aimerais lire et ce qui manquait à ma bibliothèque, mes blocages se sont envolés et j’ai pu avancer plus vite.

Ton roman ne sort qu’en 2016. Pourquoi ?

salomevienne

L’écriture m’a pris 3 mois mais la relecture et les corrections 3 ans ! J’ai eu la chance d’être publiée par une maison d’édition de Métropole, mais ça n’a pas été facile. Entre le manque d’argent pour imprimer et envoyer le manuscrit, l’infime chance d’être acceptée alors que je suis une auteure inconnue… C’était un pari presque fou et ambitieux. J’ai essayé 3-4 maisons d’éditions.

La réponse des Dilettantes m’a beaucoup encouragée mais je n’avais plus un rond ! En désespoir de cause, j’ai cherché sur Internet les maisons d’édition qui acceptaient les envois par mail. C’est ainsi que je suis tombée sur Mnemos, plutôt spécialisée dans l’imaginaire. Son directeur m’a répondu qu’il avait lu les premières pages et m’a demandé de ne rien faire en attendant qu’il le termine. Après 2 mois sans nouvelles, j’ai eu une réponse positive et les choses se sont enchaînées !

Trois ans, tout de même !

Je n’avais même pas fini les dernières corrections quand j’ai appris que mon livre sortait le 21 octobre en Métropole ! (rires) C’est une amie qui l’a vue sur internet. La maison d’édition m’a beaucoup aidée. Elle me donnait des indications pour rendre le texte plus lisible et attractif, me conseillait de développer tel personnage ou tel monde, de supprimer certains passages. Ça a créé quelques mésententes, comme lorsque j’ai dû supprimer 15 pages auxquelles je tenais, mais le roman n’en a été qu’amélioré.

Tu le décrirais comment, ce premier roman ?

Ce n’est pas celui par lequel j’aurais commencé mais il fallait vraiment que je me « débarrasse » de ces personnages qui m’obsédaient. Aujourd’hui, je ne rêve plus d’eux ! Je dirais que c’est un roman psychédélique, onirique, avec un peu de moi dedans. Et aussi, on me l’a fait remarquer, des allégories sur le féminisme, la société, l’écologie. C’est aussi ce qui a peut-être moins plu à certains lecteurs, comme une blogueuse qui trouvait le livre trop métaphorique. Ce que je peux comprendre.

Le matin en avait décidé autrement, éditions Mnemos, octobre 2016.