Dans un futur indéterminé, une grande partie de la Californie s’est séparée du continent nord-américain suite à un séisme. La civilisation telle que nous la connaissons a totalement disparu de la surface du globe, ne laissant comme vestiges que les tracés d’anciennesautoroutes ainsi que des zones polluées et toxiques.

Dans un texte inclassable qui signe des noces inattendues entre réalisme magique et la rigueur de l’observation ethnologique, Ursula Le Guin donne vie, langue et histoire à la vallée, un territoire d’après le Séisme, et à ses habitants, les Kesh.

On découvrira ainsi les rituels, les croyances, les chansons, les poèmes, les contes et les légendes relatifs à cette peuplade, ainsi que bien d’autres domaines comme, entre autres, l’art, l’architecture, la guerre, la littérature, le théâtre, les rituels funéraires ou d’initiation, la médecine, la géographie et même la gastronomie (certaines recettes semblent même particulièrement délicieuses et faciles à réaliser).

La vallée de l’éternel retour est un grand voyage au sein d’une culture inconnue et imaginaire, un voyage qui ne peut qu’émerveiller le lecteur devant le pouvoir de création d’Ursula Le Guin qui a créé de toute pièce cet univers fascinant sans aucunement tomber dans la facilité propre à nombre d’auteurs de fantasy qui nous submergent jusqu’à l’écœurement de sorciers, de nains, d’elfes, de fées et de méchants dragons. Rien de surnaturel et de fantastique ici, si ce n’est la conscience du sacré partagée depuis l’aube des temps par toutes les sociétés humaines face aux mystères de la nature.

Abondamment enrichi par des tableaux, des cartes de l’auteur et des illustrations de Margaret Chodos qui ajoutent à l’aspect documentaire de cet ouvrage La vallée de l’éternel retour promet au lecteur de longues heures dépaysantes et hypnotiques à la découverte de la culture du peuple Kesh.

Illustration intérieures : Margaret Chodos-Irvine

Traduction : Isabelle Reinharez