« — Vous me demandez ce que je fais ? Voilà ce que je fais : chanter et danser le spectacle de la vie. Mettre du beau, du rêve, de l’inattendu dans les recoins les plus mesquins du quotidien. Et s’il m’arrive d’enjoliver, jamais je ne mens. Je suis Djeeb Scoriolis, artiste et homme de goût, parfois dit le Chanceur, et en ce jour à votre entière disposition. »

Après sa fuite d’Ambéliane, Djeeb Scoriolis aborde à Port Rubia, cité gouvernée par un matriarcat bienveillant. Bienveillant mais exigeant : le voilà contraint de se joindre à l’expédition chargée de récupérer une caravane d’approvisionnement qui n’est jamais arrivée jusqu’à la côte. En route, Djeeb trouvera le beau geste, le geste élégant, celui qui fait que l’aventure, comme toujours, est ce qui lui va le mieux. Encore faut-il que l’aventure ne soit pas taillée trop grand pour lui…

Djeeb est un personnage, et Laurent Gidon bâtit autour de lui un monde à sa mesure, voire à sa démesure. Saltimbanque, poète, conteur, condottière, parfois, à son corps défendant, pour Djeeb, tout est prétexte à représentation, quitte à se retrouver dans des situations où il frôle la catastrophe et le ridicule. Le voilà dans de nouveaux décors, Port Rubia, la ville côtière où s’empilent les hommes dans une apparente anarchie de poutrelles et d’étages, mais où les strates sociales s’harmonisent plus élégamment qu’il n’y parait ; une jungle qui cache les mystères d’une société d’hommes acrobates ; un navire, une galère, où pousser sur les rames vous entraîne à la limite de l’exploit… Et Djeeb, Djeeb qui bondit, court, échafaude, esquive et court encore, Djeeb qui se méfie mais se laisse entraîner par la beauté de ses propres péripéties, Djeeb qui se retrouve acculé mais en profite encore pour trouver de l’élégance en ce monde, cachée dans les recoins les plus improbables…
Le second volume des aventures du héros de Laurent Gidon (qu’on peut lire indépendamment du premier) ravira ceux qui ont déjà apprécié Djeeb le Chanceur, gardant le sel et la fraîcheur de ses équipées échevelées tout en donnant de la profondeur, de l’assise à son univers et à son personnage. Avec son écriture, toujours plus travaillée, il réussit à offrir au lecteur une expérience raffinée mais ludique, un délassement pour esthètes. Quant à ceux qui découvriront Djeeb pour la première fois, ils s’ajusteront sans peine aux exploits du héros. Sans doute alors auront-ils l’envie de retrouver ses aventures dans d’autres volumes, passés et à venir…

 

Les critiques

« Si vous vous êtes délicieusement perdus dans le treillis des aventures vancéennes, il y a de fortes chances que Djeeb […] ne vous fasse pas regretter le voyage. » Le Cafard Cosmique

 

« J’ai lu ce livre en ligne droite […] tant le flot du récit est entrainant. Pas de temps mort : des rythmes différents, certes, mais unis dans une trame solide. Pour finir, sachez que l’auteur, Laurent Gidon, a déjà prévu d’écrire la suite. Lorsque vous arriverez à la fin, nul doute que vous trouverez que c’est une excellente nouvelle (c’est qu’on s’y attache à ce sacré Djeeb). » Le Pavillon des fous