Vu par Djeeb

Si Djeeb Scoriolis – dit le Chanceur – devait évoquer son père en écriture, il commencerait par prendre un temps de réflexion, chercherait alentour les signes fugaces de l’opportunité qu’il y aurait pour lui à s’y risquer, puis se lancerait sans filet, attentif à être tout entier présent dans ce portrait. Peut-être commencerait-il par signaler l’ascendance montagnarde de ce Laurent Gidon et son établissement non loin d’Annecy, pour ce qu’un tel détail d’apparence anodine peut signifier de liens avec une nature magnifique, parfois rude, mais toujours généreuse en plaisirs. Car le plaisir, dirait-il, est le moteur de tout chez cet auteur encore bien jeune malgré ses quarante ans passés.

Ah, le plaisir ! Celui d’écrire, bien sûr, pour faire naître des histoires sans autre prétention que celle de partager un certain enchantement du monde, à peine voilé de lucidité. Celui, émerveillé, de voir grandir ses deux petits garçons, en tentant avec son épouse de les guider vers un certain respect des autres et de la planète. Celui de vivre, tout simplement, avec l’idée de limiter ses besoins à hauteur de ses moyens. Là, Djeeb ferait sans doute une pause pour se demander s’il est bien raisonnable de pratiquer autant de ski, d’escalade, d’escrime ou d’autres activités futiles, par les temps qui s’annoncent. Mais il conviendrait volontiers que lui-même cède souvent à des tentations similaires pour la beauté du geste ou l’intensité des sensations, et conclurait que le temps, c’est ce que l’on en fait.