Howard Phillips Lovecraft est né le 20 août 1890 et mort le 15 mars 1937 à Providence. Il est l’auteur d’une œuvre littéraire considérable, entrée de nos jours dans la légende et il est devenu au fil des ans l’un des écrivains américains les plus importants du XXe siècle.

Influencé par des auteurs comme Edgar Allan Poe, Abraham Merritt ou Lord Dunsany, Howard Phillips Lovecraft s’attacha à dépeindre une humanité découvrant puis luttant contre les agissements souterrains de divinités horribles et titanesques, venues des étoiles, au passé si ancien et aux rêves si déments qu’elles défient littéralement l’entendement. Le texte archétypal de ce combat perdu d’avance est la célèbre nouvelle L’Appel de Cthulhu. Mais l’écrivain ne se résume pas qu’à ses histoires horrifiques publiées entre les années 1920 et les années 1930 dans les pulps, ces magazines bon marché, ou à une vie précaire, alimentée de travaux de corrections, de prête-plume ou encore à la célébrité posthume. Avec deux des ses amis, Clark Ashton Smith et Robert E. Howard, il donna naissance à une part importante de la fantasy américaine. Il fut aussi essayiste, poète et il laissa une œuvre épistolaire gigantesque. Par sa volonté de partager son univers fictif, il regroupa autour de lui de nombreux auteurs, débutants comme confirmés et il leur permit de s’emparer de ce qui deviendra le mythe de Cthulhu, de l’enrichir, le travestir ou même de le pasticher. Il fait figure de pionnier dans le domaines des mondes imaginaires partagés, ce qui explique en partie le succès du jeu de rôle s’inspirant de son œuvre et plus largement l’importance de l’inspiration créative qu’il donne de nos jours encore à de nombreux créateurs. De nombreux écrivains comme Jorge Luis Borges, Stephen King, Michel Houellebecq, Jean-Marie Blas de Roblès, Maxime Chattam et bien d’autres encore admirent son œuvre.

Mariant un vocabulaire suranné, emprunté à la littérature anglaise du XVIIIe, à des effets de réel poussés au maximum comme des lettres, des testaments, des témoignages, des carnets, des rapports, des articles de journaux, des livres occultes maudits dont il parvient à nous faire croire l’existence, il construit une ambiance unique qui hante ses lecteurs pendant des années avec ses thèmes sombres, ses luttes désespérées, ses découvertes menant à la folie et ces noms aux sonorités si étranges des terribles divinités qu’il évoque.

Les histoires imaginées par H. P. Lovecraft possèdent souvent une première fonction : effrayer les lecteurs et les lectrices. Mais comme pour tout bon écrivain, son œuvre plonge plus profondément dans son époque pour nous en révéler de nombreuses facettes dont parfois les plus malfaisantes. Ses thématiques nous confrontent à l’absurdité et à la folie engendrées par l’immensité cosmique (on l’a qualifié d’écrivain de l’horreur cosmique) que laissent entrevoir les découvertes d’Einstein vulgarisées de son vivant. Profondément pessimistes, ses écrits pointent l’insignifiance de l’humain, de son histoire, devant les dimensions et l’âge incommensurables du cosmos et des entités qu’il peut abriter ou encore l’échec de la science et de la raison devant le mystère. Les protagonistes des nouvelles lovecraftiennes sont souvent démunis, frappés par la folie et victimes de leur destin, de leur monomanie, de leur passé ou même de leurs ascendance. Comme dans l’œuvre de Kafka, ils sont impuissants et incapables d’échapper à une fin tragique. La découverte d’un savoir n’est pas pour autant salvateur. Il est même destructeur car très souvent interdit ou maudit. Le talent de Lovecraft pour bâtir une œuvre de fiction comme une compilation de preuves et de témoignages sur une archéologie de civilisations antédiluviennes disparues et de cultes secrets rendus à de maléfiques déités cosmiques conduit à s’interroger sur le pouvoir de la fiction sur le monde réel, interrogation particulièrement forte de nos jours.

Son influence sur les arts et la culture contemporaine s’étend plus que jamais. Toutes celles et ceux qui ont un jour plongé dans le mystère et la folie de l’écriture lovecraftienne, sa recherche de vraisemblance, son rythme, son vocabulaire si particulier en sortent marqués à jamais.